Ma panthère criminelle est une pièce queer et militante, une enquête de terrain sur les blessures causées par les crimes contre l’humanité depuis la colonisation jusqu’au « travesticide » contemporain.
Deux chercheuses amoureuses obnubilées par l’avènement du positivisme européen en Argentine démantèlent l’approche scientifique qu’a subie la communauté LGBTQIA+.
Elles vont découvrir successivement un crâne autochtone, une traque de prostituées à Mar del Plata et la lettre d’un ancien président argentin retrouvée au musée d’Anthropologie criminelle « Cesare Lombroso » à Turin.
Sept témoignages forment la cartographie de divers lieux (Europe, Argentine), de milieux différents (familial, intime, institutionnel) et de temporalités multiples (de 1987 à 2018, donc de la post dictature, aux années des politiques mémorielles puis leur déclin).
Ces sept séquences sont pareilles à des contre-témoignages qui font face aux discours institutionnalisés. De la sorte, les auteurs révisent la généalogie lesbienne et queer, en y intégrant les questions de classe, de genre, de sexualité et de race.
Ces thématiques s’avèrent particulièrement pertinentes dans le contexte actuel des discussions mondiales menées sur les inégalités et la justice.

Duen Sacchi, artiste visuel, chercheur et écrivain transmasculin, a grandi à Aguaray dans les forêts tropicales du Gran Chaco. Il vit entre la forêt de Salta et Río de la Plata. Son travail se focalise sur les liens entre fiction, document, mémoire, ethnicité et trans-corporéité. Ses principaux moyens d’expression sont le texte, le geste, le trait, la forme et toutes leurs déformations respectives. Outre ses nombreuses publications, ses œuvres sont exposées dans de prestigieuses institutions en Amérique et en Europe.
Mag De Santo, artiste chercheur transmasculin, est originaire de Río de la Plata. Son parcours débute par une licence en philosophie spécialisée en études queer sur la performativité, alors qu’il développe parallèlement sa pratique théâtrale. Il a été lauréat du prix de la Nouvelle Dramaturgie au Festival International de Buenos Aires (2011) et il est l’auteur de plusieurs livres sur la dimension politique et culturelle trans.
Joëlle Bélard-Ruchonnet a étudié l’histoire de l’art, la littérature moderne et l’histoire de l’Amérique latine entre la Suisse et la France. Elle traduit des pièces, des articles et des recherches — en particulier liés à
des problématiques féministes. Pour le théâtre, elle a notamment travaillé avec la Compagnie l’Alakran Makers. Elle est également la co-traductrice de la pièce « L’origine des espèces (de Legom et A-L.
Ramírez, éd. Le miroir qui fume, 2022).